
LE LIVRE
(extrait du livre)
La genèse du projet est née un beau matin de septembre. J’allais conduire mon enfant à l'école pour son premier jour en secondaire. Je percevais une certaine fierté dans son regard. Il entrait enfin à la grande école laissant derrière lui les petits de primaire. Dans la cour de récréation, il y avait des cris d'enfants heureux de revoir des copains, des parents contents de vivre ce moment unique et des professeurs avec les batteries chargées à fond pour accueillir leur nouvelle classe. Arriva enfin, le moment tant attendu ! La directrice s'apprête à faire son discours de bienvenue. Les enfants écoutent attentivement quelle nouvelle aventure ils allaient vivre. Ils ont des étoiles plein les yeux, un cœur rempli d'espoir et un avenir plein de promesses. "Bonjour à toutes et tous." (Jusque-là, tout va bien.)
- "Bienvenue à l'institut Dont-Je-Tairai-Le-Nom. Je vais vous exposer les grandes valeurs de l'établissement."
(Chouette ! Je suis curieux...) - "Premièrement, il y a le travail !"
(Ah ! Je ne savais pas que le travail était une valeur. Donc : Liberté, égalité, travailler) - "Blablabla... Le sens de l'effort ... Le bonheur du travail accompli... La persévérance, le mérite... Etc...
(Soit... Voyons la suite...) - "Deuxième valeur de l'établissement : la discipline.
(Ouille ! Liberté, travailler, être discipliné) - "Et justement, je vous présente Monsieur le proviseur qui va faire respecter le règlement."
(Bon : 1. le travail 2. la discipline. J'espère que le 3. va être l'épanouissement de l'élève, la confiance en soi et l'apprentissage) - "Et bien voilà, je vais maintenant appeler les élèves pour qu'ils rejoignent leur titulaire."
Quoi ! C'est tout ? Je ne savais pas que j'avais inscrit mon enfant dans un goulag ! Travail et discipline : Voilà ce que tu vas déguster les 6 prochaines années. Et encore, si tu ne redoubles pas ! A ce moment précis, je me suis rappelé qu’aussi loin que je m’en souvienne : « je n’aimais pas l’école ». D’ailleurs, mon grand-père se moquait de moi parce que quand j’étais tout petit enfant et que je ne prononçais pas encore bien les lettres, je disais à ma maman en pleurant « Je ne veux pas ayé à yécoye. » C’est vous dire que ça remonte à loin mon aversion pour le système scolaire. Ce jour mémorable des premiers instants de mon fils en secondaire a déclenché ma volonté d’écrire une conférence qui s’intitulerait : « Je ne veux pas aller à l’école. » pour essayer d’expliquer, et de comprendre, quelles en étaient les raisons.